(Edito par Louise Bouton, membre de la promotion 2017 de la Chaire)

 

Un marché en croissance, mais une industrie à facettes multiples…

En 2016, les revenus de la musique ont cru de 5%, une révolution dans un secteur qui ne cessait de décroître depuis plus de 10ans. Cependant cette croissance reflète des réalités bien différentes :

-22%
C’est le chiffre de (dé)croissance des téléchargements, qui a pourtant été pendant une période considéré comme le futur relais de croissance du marché.

-3%

C’est la baisse, finalement assez faible des ventes en physique, la diminution des ventes de CD étant en partie compensée par un attrait fort pour le vinyle.

+39%

La croissance des revenus du streaming, en très forte hausse grâce à une forte croissance des abonnements payants chez les leaders du marché.

Le streaming est ainsi devenu essentiel à l’industrie de la musique, représentant aujourd’hui plus de 41% des revenus totaux de l’industrie (et ce chiffre a déjà passé la barre des 50% dans d’utres pays). De fait, les acteurs majeurs comme Deezer, Spotify et Apple Music sont devenus des piliers de cette nouvelle économie de la musique – et sont en conséquences d’autant plus scrutés par les ayant-droits et autres acteurs de l’industrie.

 

… et aux rapports de force changeant.

Le rapport de force entre les labels & les plateformes de streaming est également bouleversé. Revenons un peu plus de 10 ans en arrière : le streaming n’existait pas, pour percer, Deezer, né dans l’incubateur de l’Essec, a dû se battre pour prouver que ce modèle avait de l’avenir, négocier pendant des mois avant d’obtenir un contrat – qui de fait était à des conditions très désavantageuses pour la plateforme.

Aujourd’hui, alors que le streaming s’impose comme le nouveau business model dominant de la musique, Deezer est en position de renégocier ses contrats.

« Tout l’enjeu est de faire comprendre aux ayant-droit que nous devons aussi être profitables afin de constituer un relais de croissance durable et pérenne »

Ces rapports de force, essentiels dans l’industrie de la musique, sont à l’origine de forts mouvements de concentration : s’associer pour mieux négocier, telle semble être la règle. De 4 à 3 majors avec l’acquisition de EMI par Universal, des sociétés de production rachetant des éditeurs (Sony – Sony ATV), des sociétés de gestion s’associant à niveau international pour mieux négocier avec les plateformes, des indépendants créant des structures de mutualisation, tout est bon pour gagner en force de négociation.

 

Le catalogue : des enjeux multiples afin d’adresser toutes les demandes

45m de titres : c’est la profondeur du catalogue de Deezer- et cela pose question : pourquoi en faire tant ? Est-ce vraiment nécessaire ou juste un argument marketing ?

Pour Deezer c’est un choix, celui d’offrir une diversité d’offre la plus large possible – même si 1% du catalogue génère environ 98% des streams…

« 1% du catalogue génère environ 98% des streams »

Et pourtant, même avec ces 45m de titres, Deezer n’adresse pas tous les contenus, avec quelques sujets particulièrement clés.

Les UGC (User Generated Contents), contenus en auto-production par les artistes (ce que l’on trouve sur Youtube ou Soundcloud par exemple, sans l’intermédiaire d’un label). Deezer fait le choix de ne pas publier ces titres, l’idée étant de préserver la chaine de valeur de la musique avec des relations & intermédiaires essentiels.

La musique électronique & les mix longs: difficile de trouver des mix de 1-2h sur Deezer. En effet le format sort de l’ordinaire et ne convient pas aux mécanismes de monétisation classiques. Sur ce point, Deezer fait figure de pionnier avec le deal récemment signé avec Dubset, une startup de reconnaissance audio et de monétisation des contenus électroniques, afin de combler cette lacune.

Les contenus locaux sur des marchés émergents : Afrique, Asie, Amérique Latine, comment se positionner dans ces marchés ayant un potentiel énorme mais également de gros freins ? 3 enjeux à adresser sur lesquels Deezer travaille :

  • La situation en droitde propriété intellectuelle : il n’est pas rare qu’un artiste signe avec 4 labels différents, chacun en exclusivité, ce qui rend le clearing extrêmement difficile pour Deezer
  • Un catalogue pas toujours digitalisé
  • La problématique essentielle des paiements, surtout en Afrique, où les utilisateurs sont peu bancarisés et non habitués à des paiements récurrents

En conclusion, si le streaming est déjà devenu une pratique incontournable, les défis à relever sont encore multiples et les règles du jeu encore en pleine définition – Passionnés, artistes, curieux, pourquoi pas prendre part à cette révolution ?

Paris, Brésil, Espagne ou Etats-Unis, Deezer recrute et recherche des talents prêts à relever ces défis.